Notre École est l'héritière d'une tradition martiale
Qui s'est développée au contact de la nature, en particulier du règne animal. Ainsi, les noms de nombreuses techniques font référence à un animal naturel (tigre, singe), ou surnaturel (dragon, phénix).
Certaines de ces techniques tirent leur
origine de l'observation attentive des animaux au combat et du mimétisme de
leurs attitudes. Ces mouvements ont bien sûr été adaptés à la morphologie
humaine, mais les termes qui les décrivent rappellent les animaux qui les ont
inspirés : Patte du Singe, Paume du Dragon, Aile du phénix, Position du Serpent,
Ruade du Cheval, Serre d'Aigle.
Six thao d'animaux sont enseignés dans
l’école : le Thäo du Coq d'Or, de la Grue Blanche (qu'on appelle souvent Héron
par commodité), du Serpent, du Singe, du Tigre et du Dragon. Ces thäo présentent
les caractéristiques propres à chacun de ces animaux. Par exemple, les
techniques associées au Tigre utilisent principalement des coups portés avec la
paume et les doigts crochetés en forme de griffes ; les trajectoires des frappes
sont courtes et les positions sont basses et très stables. Cette forme de combat
évoque la puissance de ce redoutable prédateur.En revanche, le style de la Grue
Blanche (ou Héron) fait appel à des coups piqués des cinq doigts réunis,
rappelant ainsi les coups de bec de cet oiseau. Les mouvements de bras sont plus
amples, tels des battements d'ailes, et la présence de positions hautes demande
équilibre et légèreté à l'image de cet échassier.
Par ailleurs, certains noms de techniques
empruntés au registre de la nature le sont uniquement en tant qu'images
poétiques capables d'évoquer les sensations physiques ou visuelles du mouvement
: le Beau Cheval Traverse la Grande Prairie (coup de pied au mollet), Deux
Oiseaux s’envolent Ensemble (coup de pied sauté), Frapper la Montagne (coups de
poing et coups de masse), Les Paumes de la Foudre qui s’abat (parade sur coup de
pied)... La technique n'a pas ici de rapport direct avec l'élément mentionné, si
ce n'est une association d'idées entre cet élément et le mouvement
décrit.
Dans les cultures
asiatiques, la nature tient une grande place dans de nombreux domaines
(religion, médecine, peinture, poésie...), et il n'est pas étonnant que les
premiers maîtres d'arts martiaux se soient inspirés de celle-ci pour élaborer et
décrire leurs techniques. Ainsi, la nature sous tous ses aspects reste une
source d'inspiration inépuisable pour l'art du combat et la tradition poétique
qui l'accompagne.